Vos envies révèlent votre potentiel

La chronique d’Éléna Fourès, expert en leadership et multiculturalité,
fondatrice du cabinet IDEM PER IDEM.
elena.foures@idem-per-idem.com

Gauguin a fait une carrière d’agent de change à la Bourse.
Marié et père de cinq enfants, il menait une vie bourgeoise bien rangée. Son génie de peintre ne s’exprimait pas, tel un programme dormant dans le disque dur d’un ordinateur. Et puis, un jour, le « programme » s’est activé, le faisant tout quitter, sa famille, son travail, son pays : il est parti en Provence pour peindre. Ce fut une expérience « disruptive » et douloureuse parce que, tout comme Van Gogh, il était en avance sur son temps. Les deux artistes d’ailleurs se sont mis à peindre avec une telle violence et une telle passion, que leurs toiles, dont personne ne voulait à leur début, s’arrachent désormais à des millions de dollars. Aujourd’hui ce succès nous parait logique tant leur peinture est une émotion pure, sans compromis.
Si l’on attend trop avant de suivre son potentiel, on risque de devoir « détruire » la vie menée jusque-là pour faire place à celle que l’on veut vivre. C’est pourquoi il est important d’entendre ses envies, a minima. Ainsi, notre vie crée en nous un écho, comme le vent qui fait chanter la harpe d’Eole. Ce chant est fait de nos rêves, de nos envies, que nous les transformions ou non en objectifs. Ces derniers doivent encore être « taillés » comme des crayons pour pouvoir être utilisés. Les envies qui reviennent avec insistance, c’est le potentiel dormant qui s’exprime et qui ne demande qu’une seule chose : être réalisé.

Nos rêves et nos envies s’expriment toujours par une représentation sensorielle :
visuelle (une image), auditive (un discours) ou sensitive (un ressenti) ou, parfois, une combinaison des trois. La représentation sensorielle de votre envie est un facteur virtuel qui reste présent dans votre esprit et y joue le rôle de « tamis » par lequel passent les éléments qui attirent (ou non) votre attention. Ainsi le « tamis » oriente, trie et joue le rôle de l’« attracteur », ce fameux facteur qui, dans la théorie du chaos, l’« organise ». Cultiver vos rêves et vos envies pour les élever au rang de vos virtualités, revient alors à vous révéler à vous même votre potentiel de réalisation, votre vocation véritable. Ceci est extrêmement important pour votre équilibre personnel et identitaire : cela permet de prendre du recul, s’aérer, refaire le plein d’énergie et de motivation, faire la part des choses entre l’important et le vital, renouveler ses ambitions… Une vraie médecine !

Les envies sont le carburant pour votre moteur de réalisation : sans elles, point de réussite. Rappelez-vous que, généralement, quand vous voulez quelque chose, cela signifie que le potentiel de sa réalisation existe en vous et que l’envie qui prend forme dans votre esprit vous permet de reconnaître ce potentiel.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. »,
Oscar Wilde.

A FAIRE

  • Discerner
    Faites la part entre les envies de réalisation identitaire, et les envies matérielles passagères. Vouloir réaliser une passion n’est pas équivalent de vouloir acheter une paire de chaussures. Ce sont les premièresqui vous mèneront en  haut de lamontagne, laissant derrière  vous descentaines de souliers usés.
  • Se donner du temps et de l’espace
    S’écouter demande du temps et cettedenrée devient de plus en plus rare. Lechant de votre « harpe d’Eole » n’est  pa saud ible au milieu de la cohue urbaine. Accordez-vous du « temps de rêve », uneheure répartie dans votre semaine où vousvous laissez aller à vos envies  en imaginantque « tout est possible ».
  • Croire en soi
    Devenez votre meilleur allié, encouragez-vous vous-même plutôt que de vous saboter ! Cela peut paraître paradoxal, mais plus vous croirez en vous, plus les autres vous suivront. Pour cela, soyez honnête avec vous-même, et osez vous aligner sur vos envies les plus ambitieuses. Vous serez surpris par les résultats.

A ÉVITER

  • Les maximes telles que « Faut pas rêver »
    C’est un « virus mental » collectif qui a saboté plus d’une vocation. Vérifiez d’urgence votre « filtre personnel anti-virus » ! N’oubliez pas que c’est le rêve qui distingue les jumeaux
    Hypnos et Thanatos (le sommeil et la mort dans la mythologie grecque). Combien de retraités sans vocation, sans rêves à accomplir s’éteignent peu après avoir quitté leur travail ?
  • Anticiper l’échec en le mélangeant avec le rêve Walt Disney l’a expérimenté dans sa fameuse technique de créativité en séparant la mission de « Rêveur » de celle de « Réalisateur » : les deux ne vont pas ensemble ! Quand vous rêvez,
    pas d’objections, ni critiques : à cette étape tout est possible. Lorsque vous mettrez la casquette du chef de chantier, vous pourrez alors critiquer et objecter.
  • Avoir peur
    Parfois, nos rêves et nos envies nous paraissent tellement fous et éloignés de notre réalité qu’ils nous font peur. Alors on les repousse, on fait la sourde oreille et l’on continue d’avancer en les ignorant. Grave erreur. Ne dit-on pas « Un homme n’est pas malheureux parce qu’il a de l’ambition, mais parce qu’il en est dévoré. ». Vos envies sont plus fortes que votre rationalité car elles sont liées aux émotions. Elles finiront par vous cannibaliser de l’intérieur. Laissez-les vivre : elles vous le rendront.
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