L’expertise comptable exercée en libéral attire les femmes mais ne les retient pas. Certaines professionnelles souhaitent que cela change.

Plusieurs dizaines de femmes expertes-comptables se sont retrouvées hier à Strasbourg pour une visite alliant découverte touristique et réflexion sur l’exercice de leur profession. Sans oublier une visite du Parlement européen, y compris une rencontre avec le député Joseph Daul, président du groupe PPE. À l’heure du déjeuner, le groupe a également rencontré Marc Debra, président du conseil régional Alsace de l’ordre des experts-comptables.

Davantage de femmes dans les conseils d’administration
Sous la conduite de Marie-Pierre Holtzmann, le groupe a réuni des expertes-comptables d’Ile-de-France et d’Alsace. Un certain nombre de femmes de cette filière a décidé de regrouper leurs forces dans l’Association des femmes diplômées d’expertise comptable administrateurs, créée à Strasbourg en 2010. Une démarche que font d’ailleurs d’autres professions exerçant leur activité en lien avec les entreprises. En effet, le mot important, en ce moment, est « administrateur ». On se souvient en effet que la loi du 13 janvier 2011, dite Zimmermann, a créé une obligation nouvelle pour les entreprises à conseil d’administration de plus de 500 salariés et présentant un chiffre d’affaires ou un total de bilan de 50 millions d’euros. Dans ces cas, le conseil devra comporter au moins 40 % de femmes parmi les administrateurs. La mise en place de cette obligation est progressive mais elle créera, de toute évidence, un appel d’air.

« Nous ne sommes pas pour les quotas réservés mais pour la reconnaissance des compétences », a affirmé hier, devant ses paires, Marie-Pierre Holtzmann. Elle regrette beaucoup la déperdition que connaît l’expertise comptable libérale : « À l’entrée au stage, le recrutement est à peu près égalitaire.
Malheureusement, après, ça bascule, principalement en raison des contraintes de la vie. Sur 10 femmes, trois deviennent expert-comptable alors que sur dix hommes, sept le deviennent. C’est vraiment dommage ».

Aujourd’hui, la profession est emmenée, au niveau national par Agnès Bricard, et de nombreuses femmes sont inscrites aux tableaux de l’ordre. Mais beaucoup d’entre elles finissent tout de même par s’orienter vers le salariat, jugé plus compatible avec leurs obligations familiales.

Augmenter les effectifs de l’association de femmes
Pour faire progresser les esprits, et également pour prendre la place qui leur est réservée dans les conseils d’administration, les femmes ont lancé des actions de formation qualifiante. Elles veulent développer un observatoire de la parité et relayer la loi Zimmermann sur le terrain. L’association qui compte actuellement 800 membres veut monter ses effectifs à 2 000 et se structurer dans les régions pour atteindre ses objectifs.

Article publié dans les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), le 11 septembre 2012 par Antoine Latham.
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