Première femme à accéder au poste de Présidente du Conseil Supérieur de l’Ordre, Agnès Bricard a la volonté de faire bouger les lignes avec une méthode : la persévérance.  Parmi ses engagements, celui mené en faveur de la parité a permis le lancement de la Fédération « Femmes Administrateur » en 2012.
 

Les grandes étapes de son parcours professionnel.
Après des études de droit et de sciences économiques à l’Université, j’ai été attirée par le métier d’expert-comptable pour son côté « médecin généraliste de l’entreprise ».

Avant même l’obtention de mon diplôme d’expertise comptable en  1983, j’ai souhaité m’impliquer dans les associations de  jeunes experts-comptables stagiaires afin de participer pleinement à la vie de la profession. C’est ce qui m’a conduit à présider l’Association Nationale des Experts-Comptables Stagiaires (ANECS) de 1981 à 1983, puis, à créer et présider le Club des Jeunes Experts-Comptables (CJEC) entre 1983 et 1985.

En 1983, j’ai créé ma propre structure avec une associée qui est mon opposé professionnellement : elle aime résoudre la complexité tandis que je suis plus orientée RH, partage d’expérience et communication. Trente ans après, notre cabinet d’expertise comptable Bricard, Lacroix & Associés reste l’un des seuls dirigé par deux femmes. Nous accompagnons les entreprises tout au long de leur développement ainsi que lors de restructurations.

Dans le prolongement naturel de l’action menée auprès des jeunes professionnels, je me suis impliquée dans la vie des instances de la profession avec la volonté de faire bouger les  lignes au service de nos confrères. Membre élue de l’Ordre des Experts-Comptables région Paris Ile-de-France de 1987 à 2001, j’en ai assuré la présidence en 2001 et 2002.

Présidente déléguée du Centre d’Information et de Prévention (CIP) au niveau de la région Paris Ile-de-France ainsi qu’au niveau national de 2002 à 2004. C’est alors l’occasion d’engager les premières réflexions autour du rebond du chef d’entreprise et de l’assurance santé entreprise.

Elue en 2005 au Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables j’ai occupé jusqu’en 2008 les fonctions de Présidente du Club Secteur Public et du Comité « Collectivités Locales et Associations ».

Les difficultés rencontrées par Agnès Bricard pour intégrer les instances de la profession.
L’Ordre des Experts-Comptables de la région Paris-Ile-de-France comprenait  98% d’hommes !! Élue en 1987, je deviens la première femme Présidente en 2001. Quant à mon entrée au Conseil Supérieur de l’Ordre en 2005, elle fut encore plus délicate. En 2009, pour les élections au Conseil Supérieur, je choisis de faire campagne avec Joseph Zorgniotti. Notre élection est une novation car, au delà des clivages classiques, elle met les projets et les services à la profession au centre de l’action d’une mandature. Vice-Présidente du Conseil supérieur en 2009 et 2010, mes pairs m’élisent première femme Présidente de l’institution en mars 2011 pour un mandat de deux ans qui s’achèvera en mars 2013.

Les qualités nécessaires pour réussir.
Ma persévérance, mon sens du relationnel et du collectif, ainsi que ma volonté farouche d’aller là où l’on peut faire bouger les lignes.

Je milite depuis 1972 pour l’égalité professionnelle hommes-femmes. Au sein du Conseil Supérieur, j’ai entrepris de gérer le capital féminin en créant puis en dirigeant l’Association des Femmes Diplômées d’Expertise Comptable Administrateurs. Je préside actuellement la Fédération Femmes Administrateurs, créée en 2012 pour contribuer au respect des quotas de femmes au sein des Conseils d’administration des grandes entreprises et des établissements publics.

L’engagement d’Agnès Bricard en faveur du développement des TPE.
Soutenus par les CCI, les Chambres des Métiers, la CGPME…, les experts-comptables proposent leur soutien aux TPE de moins de 20 salariés, pour l’obtention de crédits inférieurs à 25000 €, en donnant une assurance modérée aux banquiers consistant à valider la cohérence des hypothèses de travail retenues par le chef d’entreprise.

Quatre réseaux bancaires (Banque Populaire, LCL, Crédit du Nord et Crédit Agricole), ont entrepris de nous suivre dans cette démarche et de réduire à 15 jours le temps de réponse pour l’octroi du crédit. En cas de refus, le banquier doit le notifier, permettant ainsi à l’expert-comptable de réagir en conséquence. La ministre en charge de l’Innovation et des PME, Fleur Pellerin, a marqué son intérêt pour notre action en faveur du financement des TPE qu’elle a jugée nécessaire pour encourager la création d’emplois et la croissance pérenne.

Pour tous renseignements, assistance téléphonique et téléchargement des dossiers, voir notre site: www.financement-tpe-pme.com

De nombreuses autres initiatives mises en place pour accompagner les entreprises.
Nous avons initié le contrat d’assurance-santé entreprise. Pris au moins 6 mois avant les symptômes de difficultés, ce contrat d’assurance permet la prise en charge à hauteur de 6000 € des honoraires des experts de crise (experts-comptables, avocats, mandataires administratifs judiciaires…) pour une cotisation annuelle de seulement 120 euros (entreprises individuelles). Ces experts vont par exemple monter un dossier pour l’entreprise auprès de la Commission des chefs de service financiers (la CCSF ou Codechef) pour étaler ses dettes fiscales et sociales, ou encore auprès de la médiation du crédit ou du Président du Tribunal de Commerce pour étaler ses emprunts bancaires.

Neuf compagnies d’assurance proposent cette assurance aux entreprises individuelles comme aux sociétés.

Au cours des dernières semaines, le Conseil supérieur a été consulté par les représentants des ministères en charge des entreprises.

Les échanges avec le cabinet du ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici et le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, ont porté sur la nécessité d’identifier les entreprises à potentiel et de les flécher vers les fonds d’investissement afin de les inscrire dans un parcours de croissance.